Centre Max Weber - UMR 5283

Dispositions, pouvoirs, cultures, socialisations

Les gardiens du poids : analyse d’une institution de conversion corporelle

Muriel Darmon

Cette recherche vise à poursuivre une interrogation sur la transformation corporelle par l’analyse d’un dispositif dont c’est la raison d’être : les groupes commerciaux d’amaigrissement. Les premières analyses réalisées sur cet objet ont porté sur le dispositif lui-même, ses principes, et son fonctionnement. On compte poursuivre cette recherche dans deux directions :

  • l’analyse du « public », de sa composition sociologique, des raisons de son inscription, et des modalités de son parcours dans le régime, à partir d’entretiens avec des « adhérentes ». Il s’agirait notamment d’élaborer une sociologie des rapports de classe au corps, et des rapports au corps de classe, qui reste largement à faire du moins dans ses dimensions contemporaines, et de l’articuler aux dimensions de genre qui sont centrales dans les processus observés.
  • une étude plus macro-sociologique et historique qui chercherait à reconstituer, à partir du moment de la création de l’un de ces groupes dans les années 1970, la construction progressive du surpoids comme problème médical et social, et corrélativement les avatars du « régime » comme solution mettant en jeu le schème de la responsabilisation individuelle dans les politiques de santé publique. L’entrée dans cette question par l’entreprise multinationale qui propose ces groupes, mais qui commercialise aussi nombre de produits de régime, permettrait également d’approcher certaines des logiques industrielles à l’œuvre au cours de la période. Il s’agirait donc d’articuler, à partir du point d’entrée constitué par un groupe d’amaigrissement, les jeux entre Etat, médecine, et industrie autour du surpoids et de son traitement, et de s’interroger sur le rôle de tels acteurs dans les processus de socialisation corporelle.
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