Centre Max Weber - UMR 5283

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Séminaire équipe 4

Les « formes » de l’urbanité contemporaine

Équipes concernées :  

Volet 2 : Tracer la recherche

L’orientation de recherche transversale au sein de l’équipe4 portant sur les formes de l’urbanité contemporaine se poursuivra au cours de l’année 2012-2013.

Le volet 1 -Exposer la recherche-, auquel était consacré le séminaire de l’année universitaire 2011-2012 nous a permis d’explorer principalement quelques formes de comptes rendus et d’écritures, qu’il s’agisse de récits de vie (issus de dispositifs de formation ou de recherche) et des formes d’existence dont ils attestent, de l’archéologie documentaire, des scènes de réflexivité publiques, de l’exposition de recherche.

Nous continuerons de nous attacher cette année à la dimension du commentaire (via la multiplicité des formes de compte-rendus) mais en portant plus particulièrement notre attention sur la temporalité même de la recherche, sur ce qui se trame et se trace dans le cours du travail d’enquête au temps présent. La trace mais plus encore le tracé serait une possible manière de figurer l’énigme de l’enquête en cours. La question de la représentation par l’écriture ou par la parole dans l’idée moderne du sens de « tracer » où l’accent est mis sur l’idée de trait, de ligne (écrire), renvoie également de façon plus figurée au sens de l’ébauche, de l’esquisse, ce qui donc ne saurait être fini, bouclé. C’est pourquoi, nous voudrions également insister sur la dimension du faire dans le cours de la recherche. D’où le titre du séminaire 2012-2013 : « Tracer la recherche » qui ouvrent de nouvelles perspectives pragmatiques, déjà présentes dans le premier volet mais auxquelles nous souhaiterions apporter une plus grande attention. On voudrait en ce sens différencier les deux notions de forme et de figure et insister sur la seconde. Avec le tracé, arrive la figure ou encore la préfiguration. Cette dimension engage la connaissance et la re-connaissance. On sera donc attentifs à ce que chaque séance contribue à documenter et à élucider ce que recouvrent les figures du tracé, via les recherches et les enquêtes de terrain.

19 Octobre 2012 : 9h30-12h30 séance organisée par Kader Mokadem avec Fabrice Fernandez (sociologue qui travaille sur des populations marginales : usagers de drogue, sortants de prison) qui parlera de l’usage des images dans les sciences sociales et sur ses terrains d’enquête. Comment donner une image de ceux qui ne veulent ou peuvent en avoir ? La question de la représentation sera posée dans ce séminaire au regard de l’histoire de l’anthropologie visuelle.

23 Novembre 2012 : 9h30- 12h30 invitation de Bella Dicks au CMW, auteure de : Culture on Display : The Production of Contemporary Visitability. Bella Dicks sera professeure invitée dans le département de sociologie et au laboratoire ; nous profiterons de sa venue pour lui consacrer une séance de séminaire où elle nous parlera de son parcours de recherche scientifique et de cette somme sur la culture de l’image. Séance organisée par Michel Rautenberg.

30 novembre 2012 : 10h-13h invitation de l’artiste Hendrik Sturm (promeneur). Cette séance de séminaire sera consacrée à la promenade urbaine, où tracer est une manière concrète d’enquêter et où la performance de l’artiste devient une expérience esthétique et politique. Ce séminaire interrogera l’action de tracer dans le premier sens attesté en français : « suivre à la trace » : parcourir , marcher… mais également dans le sens moderne de « tracer un chemin » et, par extension : « marquer les contours les limites, représenter ». Séance organisée par Pascale Pichon co-produite avec le MEP.

8 février 2013 : 9h30- 12h30 séminaire organisé par les (post) doctorant(e)s.

22 février 2013 : 9h30-12h30 Catherine Gauthier (commissariat scientifique) présentera son exposition « D’ici et de là-bas », scénographiée par Laurent Gregory au Musée de la mine. Elle nous proposera l’ensemble de sa démarche d’enquête de terrain qui a conduit à deux compte-rendus différents d’images et de forme (un film et une exposition) et les questions que ces « tracés » de recherche soulèvent. Cette séance est ouverte aux autres équipes de recherche du Centre Max Weber.

15 mars 2013 : 9h30-12h30 « Tracer » séance organisée par Alain Battegay et Marie-Thérèse Têtu : suite du programme « l’image, le virtuel, la préfiguration ». Lorsque les traces disparaissent. Les ressources du numérique dans le signalement d’un passage…

24 mai 2013 : 9h30-12h30 « Les formations sociales à la marge », séance organisée par Jérôme Beauchez, en lien avec la recherche ANR qu’il pilote.

28 juin 2013 : 9h30-12h30 séance de bilan

Événements scientifiques

- Les journées « Traverses » organisées par l’ESADSE et l’ENSASE et auxquels participent le MEP auront lieu cette année en avril (d’où l’absence de séminaire de l’équipe 4 ce mois, ce qui permettra à ceux et celles qui le souhaitent d’avoir plus de marges de manœuvre dans l’agenda pour y participer). La thématique retenue : « Les déserts urbains » (Kader Mokadem).

- Le colloque organisé par Michel Rautenberg et Sarah Rojon les 19 et 20 novembre : Les conceptions du patrimoine. Regards croisés sur les patrimonialisations et leurs particularités

- Le colloque Empathie et sciences sociales qui se déroulera à la Cité du design pendant la biennale, les 28-29 mars : coopération équipe 4 et équipe du département recherche de la Cité du design.

- Le séminaire IMU sur des thématiques proches : « images, récits, numérisation ».

Contenu des séances de l’année 2011-2012  :

1- Les mises en forme des récits de vie et leurs réceptions publiques
A la présentation et le visionnage des films réalisés par les étudiants de l’ESADSE dans le cadre d’un atelier de travail « filmer le travail », a fait écho le montage des écritures biographiques, présentant l’expérience sociologique d’une co-construction d’un récit autobiographique avec un ancien SDF publié dans un ouvrage à destination d’un large public (Kader Mokkadem ESADSE ; Pascale Pichon, CMW)

2-« Les images de pensée »
C’est une recherche que l’on pourrait qualifier d’archéologie documentaire qui nous a été proposée. Pour tenter d’amorcer une réponse à cette question : Où commence la pensée ? les deux auteures ont puisé dans les productions privées (lettre, documents de travail) ou publiques (ouvrages, comptes rendus publics) des images qui formeraient la pensée d’un auteur avant même qu’elle ne soit formulée clairement dans un écrit. C’est ainsi qu’un inventaire s’est construit peu à peu obligeant les « archéologues » à expliciter leurs intentions premières, leurs choix, leurs hésitations. Comment en arrive-t-on à construire un inventaire aussi hétéroclite ? Tout autant que les formes retenues (les images de pensée), c’est cette archéologie documentaire donnant lieu à édition qui résonne avec la question de l’exposition de la recherche, axe de notre séminaire (Marie-Haude Caraës, Cité du design).

3- Invitation d’un chercheur : Jean-Paul Thibaud, sociologue, directeur de recherche, CRESSON, Grenoble.
Retour subjectif sur son parcours scientifique, ses points d’ancrage problématique (sociologie urbaine, anthropologie sonore et le travail sur l’ordinaire de la perception, la micro-sociologie et l’ethnométhodologie, les espaces publics contemporains et le pragmatisme américain). Développement de ses questions de recherche : qu’est-ce qu’une performance sonore ? Comment le sensible peut-il être social ? Qu’est-ce qu’une ambiance ?

4- Ville imaginée, ville construite
Cette proposition a confronté les projets utopiques envisagés par les aménageurs avec leurs devenirs social et urbain. Deux exemples ont été mis à l’épreuve, celui des tours construites à Saint-Etienne dans les années 60/70, dans une perspective d’inscrire la ville dans la modernité urbaine ; et celui de la ville nouvelle de Villeneuve d’Ascq dont l’urbanisme fait explicitement référence, dans les années 70, à une « ville nature ». Comment ces projets urbains ont-ils passé le temps ? Quelles représentations sont actives aujourd’hui ? Les formes urbaines qui en sont issues ont-elle généré des pratiques particulières ? (Michel Rautenberg, Anna, Juan)

5- Scènes de réflexivité publique et formats de production et de restitution de la recherche
La séance proposée sur les lieux mêmes du mémorial de la prison de Montluc a permis à la suite d’une visite guidée, de croiser les réflexions des différents acteurs « embarqués » dans la recherche intitulée : « Lieux à mémoires multiples et enjeux d’interculturalité. Le cas de deux lieux en cours de patrimonialisation : la prison de Montluc et le centre de rétention d’Arenc ». Questionnement sur ce travail de recherche mené dans une perspective pragmatique et réflexive sur les redéploiements des mémoires de la guerre et de la résistance (Alain Battegay et Marie-Thérèse Têtu).

6- Séminaire organisé par les (post) doctorant(e)s de l’équipe 4
Cette présentation consacrée aux travaux des doctorant(e)s (et post.) de l’équipe4 a permis de croiser des terrains et des questions de recherche très différents et de faire converger néanmoins des questionnements concernant les postures de recherche. Le matin a été consacré à la question du terrain, à sa délimitation : « Chercher son terrain, bordures, zones de flottement, questionner ses postures et faire des choix » ; l’après-midi intitulé : « Engagements, postures et savoirs situés » a permis de croiser les disciplines (histoire et sociologie) d’une part et, de proposer au débat des éléments concernant l’engagement du chercheur, ses affects, ses émotions, d’autre part. (Athmane Fouil, Marie Hocquet , Marine Maurin, Sandra Trigano, Berangère Gihnoux, Sarah Rojon, Alban Graziotin, Céline Belledent) Par ailleurs, lors de sa venue Nia Neykova, (co-direction Michel Rautenberg) a présenté sa thèse : « Nouvelles formes de communication, nouvelles formes de communautés : le téléphone portable et les cultures contemporaines des jeunes Bulgares ».

Enfin deux temps forts, élargis à d’autres scènes de formation et de recherche, ont scandé la vie de l’équipe4 :

- Les deux journées d’étude InPact /MEP ont porté sur les formes d’activation citoyenne ; elles donneront lieu à une suite en 2012-2013 dans le cadre des 50 ans du CCO de Villeurbanne : comment le CCO invente l’inter-culturalité, ? Quelle participation, activation citoyenne ? (Claire-Autant-Dorier, Anne Aubry). Un première réunion de préparation a eu lieu en juin.

- Le colloque-exposition de mars 2012 : Espace public et sans domicile fixe. La recherche s’expose s’est poursuivi par l’exposition de recherche (jusqu’en septembre 2012) à la Cité du design. Le travail en séminaire de ce réseau international de chercheurs se poursuivra en 2012-2013 sous l’impulsion cette fois du réseau des jeunes chercheurs (dont Marine Maurin et Elodie Jouve de l’équipe4 font partie). Une publication issue de ce travail en réseau de plusieurs années est en cours de finalisation aux PUSE : « Les sciences sociales et le sans-abrisme. Recension bibliographique de langue française, 1987-2012 ». Une deuxième issue du colloque est en cours de réalisation. Un catalogue d’exposition a également été publié.

Publié le 7 décembre 2012

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