Julie Thomas

Chercheur.e.s, enseignant.e.s-chercheur.e.s - Université Jean Monnet

Maitresse de conférences

Équipe Cultures publiques

Mes recherches sont liées de manière transversale par ma posture :
- Tout d’abord, considérer le corps comme analyseur essentiel des pratiques sociales,
- également, examiner les effets différenciés des rapports sociaux (genre, classe, race) sur les parcours de vie et les interactions, dans des contextes variés et les résistances des acteur.trices aux dominations vécues ;
- enfin, étudier les situations marginales, les singularités choisies ou subies.

Projets en cours : nouvel intérêt pour la vieillesse...

Actuellement (année uniersitaire 2018-19), je suis engagée dans la valorisation d’un projet financé par la DREES, co-dirigé par Maks Banens de l’équipe 2 du CMW et moi-même, avec la participation de Anne Marcellini de l’Université de Lausanne et Nathalie Le Roux de l’Université de Montpellier, ainsi que Cécile Boukabza (ingénieure d’études sur le projet). Ce projet, post-enquête qualitative de l’enquête CARE (enquête INSEE), a étudié les relations d’aide entre conjoints vieillissants, d’une part, entre un.e senior et ses enfants de l’autre au prisme du genre ; en s’intéressant aux pratiques et aux vécus de l’aide.
Les deux cas de figure sont fréquents dans la situation de la dépendance après l’âge de 60 ans. Dans des recherches antérieures, les chercheur.e.s de l’équipe avaient noté l’ambivalence des sentiments de l’aidé.e vis-à-vis de l’aidant.e et la complexité de la relation qui en découle. L’enquête HSM ne permettait pas d’approfondir cette analyse de façon symétrique. L’enquête CARE, en revanche, semble le rendre possible, grâce à de nouvelles questions dans le questionnaire du/de la senior(.e). La question est donc de savoir si ces nouvelles informations, déclarées par l’aidé(e), complètent utilement celles déclarées par l’aidant(.e) et si l’analyse combinée ouvrira de nouvelles perspectives de connaissance.
Nous avons mené des entretiens concernant vnigt-quatre situations d’aide : douze situations d’aide conjugale (homme-femme comme femme-homme) et douze situations d’aide filiale (aidants fils comme aidantes filles). Un rapport a été rendu en septembre 2018, et nous sommes actuellement dans la phase de valorisation des résultats.

Par ailleurs, le projet pluridisciplinaire Presc’AP que j’ai proposé avec Maks Banens, fortement épaulé.es par Nathalie Barth (SNA-EPIS), a été sélectionné en décembre 2018 et sera financé sur la période 2019-2020 par la MSH-LSE (fonds IDEX) : "La prescription d’activité physique par les médecins traitants pour les personnes âgées considérées comme « sédentaires » : quelles pratiques et quels effets sur les inégalités sociales et genrées ?". Il s’agit d’interroger de manière interdisciplinaire les pratiques liées à la prescription d’activité physique aux personnes vieillissantes en ALD et les inégalités sociales et de genre qui peuvent en découler. Le projet se centre sur le territoire rhônalpin dans un premier temps, avec une visée de comparaison de territoires dans un deuxième. L’équipe de chercheur.es est composée de sociologues, épidémiologiste, médecins hospitaliers.

Projets en maturation : d’anciens thèmes revisités

Je suis actuellement en contact avec des universitaires brésiliens et français pour lancer un projet de comparaison franco-brésilienne sur le thème "corps,genre et sexualités dans les enseignements techniques brésilien et français". Les collègues impliqués sont : au premier chef Aldo de Lima Neto (enseignant chercheur à l’IFRN), porteur d’un projet financé par le fonds de recherche brésilien, ainsi que Jacques Gleyse (LIRDEF, UMontpellier) côté français.
Enfin, je cherche un financement pour un projet portant sur les effets des politiques de "féminisation" de la fédération française de Handball sur les carrières d’arbitres H/F.

Ces récents projets et réflexions se trouvent au carrefour des thèmes de mes recherches antérieures.

Mon premier axe de recherches concerne les corps genrés changeant avec l’âge

Dans ma thèse réalisée à Paris Sud sous la direction de Catherine Louveau, j’ai étudié l’évolution du rapport au corps des filles insérées dans des filières scolaires masculines. J’ai montré comment on pouvait comprendre leurs engagements scolaires singuliers au travers de leurs expériences corporelles : que ce soit les expériences passées, à l’origine de leurs choix, vécues dans plusieurs mondes (scolaire et familial bien sûr, mais aussi sportif) ; ou que ce soit les manières dont ces engagements masculins mettent à l’épreuve leur corps une fois insérées dans ces environnements masculins.
Parmi mes résultats, j’ai ainsi montré comment les unes et les autres managent différemment la visibilité corporelle de leur altérité, notamment selon leur classe sociale d’appartenance. J’ai aussi pointé les différentes situations de discrédit et manières de les gérer qu’on pouvait observer entre les garçons.
Plusieurs pistes de recherche sont ouvertes : outre la recherche en construction avec les collègues brésiliens (ou peut-être au sein de ce projet) un travail sur les garçons dans les filières "de filles", ou encore une observation multisituée (Marcus, 1995) suivant des jeunes des filières techniques inséré.es dans plusieurs contextes (éducatifs, professionnels, personnels) aux régimes de genre et classe très différents.

Par ailleurs je me suis intéressée aux corps adolescents au prisme des rapports sociaux cette fois sur le versant santé et sexualité, au sein d’un projet INSERM : « Inégalités sociales et territoriales de la vaccination HPV » (Equipe ERES). Ce projet voulait s’intéresser aux raisons du recours/non recours/renoncement à ce vaccin : rapport familial à la gestion de la sexualité des filles, représentations erronées en lien avec des discours savants opaques, raisons "économiques"… ; dans des familles variées du point de vue de leurs ressources socioculturelles, origine sociale et migratoire, etc. Au sein de ce projet je me suis intéressée particulièrement à la relation entre, d’une part, le discours des filles et des parents sur le vaccin et, d’autre part, les formes de gestion familiale de la sexualité adolescente, et leur poids potentiel sur les inégalités sociales de santé.

Mon deuxième axe de recherches concerne les activités physiques et de loisirs et la santé et le handicap.

J’ai ainsi continué à étudier les expériences d’individus qui gèrent une singularité plus ou moins visible de leur corps, cette fois malade ou handicapé, dans des environnements (sportifs, associatifs, médicaux) marqués de manière différente par les rapports sociaux.
Au sein d’un projet sur "l’accès aux pratiques physiques et sportives des personnes vivant avec le VIH" (dirigé par Sylvain Ferez au sein du laboratoire SantESiH), j’ai étudié plus spécifiquement les femmes et les Trans’. Notre travail collectif a notamment porté sur l’expérience des personnes et leur gestion de la visibilité et de la vulnérabilité, réalisée différemment selon leurs ressources, leur situation de discréditées ou discréditables, et les environnements investis. Nous avons montré combien cette gestion faisait éclater les catégories de sexe, de sexualité, de classe ou d’ethnicité.
J’ai également intégré une recherche sociohistorique étudiant l’institutionnalisation du mouvement handisport français. J’y ai étudié les toutes premières associations et les premiers acteurs et actrices de ce mouvement auto-organisé, et me suis intéressée aux modalités de mobilisation collective. Enfin, j’ai participé à la recherche en cours portant sur le devenir professionnel des anciens étudiants handicapés, dirigé par Nathalie Le Roux au sein de SantESiH.
Les projets en cours creusent ce sillon, tout en faisant des liens avec mes autres thèmes de prédilection.

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