Centre Max Weber - UMR 5283

Centre Max Weber - UMR 5283

Jean-Hugues Déchaux

Directeur du laboratoire
Chercheurs, enseignants-chercheurs
Équipe Dynamiques sociales et politiques de la vie privée
Localisation
Lyon - ISH
Bureau 330 N

Formation et parcours professionnel Diplômé de Sciences Po Paris en 1984, docteur en sociologie (thèse de 3e cycle sous la direction de Henri Mendras obtenue à Sciences Po Paris en 1988), j’ai débuté ma carrière universitaire comme maître de conférence à l’Université René-Descartes Paris 5 en 1991. J’y suis resté douze ans jusqu’en 2003, date à laquelle je suis devenu professeur des universités à l’Université Lumière Lyon 2 après avoir obtenu mon HDR en décembre 2001 à l’Université René-Descartes Paris 5 (garant : Pierre Parlebas). En 2010, je suis devenu directeur adjoint du MODYS (le directeur était alors Michel Rautenberg), puis j’ai accepté d’être le porteur du projet de constitution du Centre Max Weber (UMR 5283 regroupant MODYS et GRS) dont j’ai pris la direction à sa création en janvier 2011. Je dirige aussi avec Maks Banens au sein du Centre Max Weber l’équipe de recherche « Dynamiques de la vie privée et des institutions » (DYVPI), équipe regroupant des sociologues et démographes de la famille, de la parenté, de la sexualité et de la vie privée.

Itinéraire intellectuel et activités de recherche Mes activités de recherche couvrent quatre domaines (sociologie de la famille et de la parenté, sociologie de la mort et du deuil, théorie sociologique, sociologie des processus cognitifs) dont la place a évolué au fil des ans.

Famille et parenté Dans la foulée de mes recherches doctorales dans les années 1980, une grande part de mes travaux a toujours porté sur la famille et la parenté. Mes recherches empiriques ont successivement abordé l’étude des réseaux d’entraide dans la parenté, conceptualisés comme un système d’échanges composant une « économie cachée », la mémoire familiale et le souvenir des aïeux, angle d’analyse pour explorer l’imaginaire social de la filiation, les relations de germanité à l’âge adulte une fois que les enfants ont quitté leurs parents et se sont établis en couple, enfin les valeurs des Français au sujet de la famille à partir de l’exploitation des quatre volets (1981-1990-1999-2008) de l’enquête EVS. Toutes ces recherches qui s’inspirent d’une approche structurale attentive aux initiatives et stratégies des acteurs et mobilisent des méthodologies quantitatives et qualitatives, ont donné lieu à des publications sous forme d’ouvrage ou d’articles dans des revues à comité de lecture. Certains travaux sur la germanité à l’âge adulte et sur les représentations des Français au sujet de la famille ont été réalisés avec Nicolas Herpin (OSC Sciences Po Paris et INSEE). Par ailleurs, une partie de mon temps de recherche consacré à la famille fut dévolue à la rédaction d’un manuel de Sociologie de la famille (format 128 pages) aux éditions La Découverte, ouvrage paru en 2007, réédité et actualisé en 2009, traduit en grec : j’ai recensé et confronté les résultats de nombreuses recherches dans le monde francophone et porté un diagnostic sur les mutations de la famille, ce qui m’a donné l’occasion de pointer les limites d’une interprétation, très en vogue, en termes d’individualisme et d’individualisation des relations familiales. Enfin, je me suis aussi consacré, à la suite d’une réflexion plus théorique sur la notion de « modèle de parenté », à la manière dont l’essor des nouvelles techniques de reproduction humaine (procréation médicalement assistée) interroge le modèle de parenté euraméricain, fondé sur la bilatéralité exclusive, et le met au défi d’évoluer. Le colloque international (« Nouvelles techniques de reproduction, genre et parenté ») organisé à Lyon par le Centre Max Weber en collaboration avec l’INED en novembre 2011 en est en partie le fruit.

Mort et deuil Le deuxième domaine de recherche m’a occupé pendant une dizaine d’années, du milieu des années 1990 au milieu des années 2000. L’étude du souvenir des aïeux, conçue comme un angle d’analyse des dimensions symboliques de la parenté, m’a conduit à m’intéresser au traitement rituel et plus largement social de la mort et du deuil. Ces phénomènes, qui connaissent aussi de profondes mutations (essor de la crémation, professionnalisation des activités funéraires pour ne citer que les plus visibles), ont retenu mon attention une fois paru mon livre Le souvenir des morts (PUF, 1997). J’ai proposé de changer les perspectives d’analyse qui, jusqu’alors, privilégiaient la thèse du déni social de la mort et de raisonner en termes de processus d’« intimisation » de la mort et du deuil. J’ai écrit plusieurs articles en ce sens dans des revues à comité de lecture ou des ouvrages collectifs. Aujourd’hui, la sociologie de la mort a pris en France un tournant empirique et s’inspire en partie des pistes que j’ai explorées dans ces écrits. Depuis le milieu des années 2000, je me suis recentré sur la sociologie de la famille et de la parenté.

Théorie sociologique Un troisième domaine de travail, plus théorique et livresque, concerne la théorie sociologique. J’ai toujours résisté à un enfermement trop exclusif dans un domaine étroit de la recherche sociologique, quel qu’en soit l’objet. En parallèle à mes recherches empiriques, je me suis donc consacré à la théorie sociologique, de manière certes plus ponctuelle. Mes travaux ont porté sur la sociologie de Norbert Elias, et ce dès 1993, avant que le sociologue allemand ne soit « à la mode ». Puis, dans un second temps, je me suis intéressé à la théorie sociologique de l’action, orientation théorique qui correspond à celle que je mobilise dans mes enquêtes empiriques. Mes travaux récents sur Rousseau et la sociologie s’inscrivent dans cette perspective qui rejoint depuis quelques années le dernier domaine de recherche auquel je m’intéresse. Ces recherches théoriques, toute menées à titre individuel, ont donné lieu à des publications dans des revues à comité de lecture et à quelques contributions dans des ouvrages collectifs.

Sociologie cognitive de l’action Le quatrième et dernier domaine de recherche recouvre la sociologie cognitive de l’action et par extension la sociologie des processus cognitifs. Mes travaux en théorie sociologique de l’action m’ont conduit à m’intéresser à la nouvelle sociologie des croyances, sociologie qui utilise les notions de « rationalité cognitive » et de « rationalité axiologique ». Sur ces questions, j’ai souligné la nécessité de mieux cerner les composantes cognitives et épistémiques de la situation d’action et il m’est apparu indispensable de prendre connaissance de la recherche en sciences cognitives et de réfléchir aux rapprochements possibles avec la théorie sociologique de l’action (mais aussi aux incompatibilités épistémologiques) dans la perspective d’une sociologie qui soit attentive aux diverses ressources cognitives nécessaires à l’action. Ces pistes de réflexion ont donné lieu à la publication en 2010 d’un numéro spécial de la Revue française de sociologie (« Un « tournant cognitiviste » en sociologie ? Contributions et débats »), numéro que j’ai coordonné, introduit, et auquel j’ai contribué. D’autres propositions théoriques complémentaires ont donné lieu à des communications en colloques sur la question du naturalisme en science sociale, de la causalité et de la place des émotions dans le repérage de raisons d’agir et de croire. Mes recherches actuelles privilégient ce domaine d’investigation théorique, en partie parce qu’elles sont plus aisées à mener de front avec mes tâches de direction d’UMR, et en partie aussi parce qu’elles sont en prise directe avec mes travaux empiriques sur la parenté et la mort (à travers les notions de « modèle de parenté » et de « régime de deuil »).

Dernières publications

2016

2015

2014

  • Jean-Hugues Déchaux, « Entraide familiale. » in Alain Bihr et Roland Pfefferkorn (dir.), Dictionnaire des inégalités, Armand Colin, 2014, p. 146
    Chapitre d'ouvrage

2013

2012

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