Appel à communications : Colloque international « L’agentivité des femmes dans la société patriarcale mondialisée » (date limite : 01/12/2026)

Introduction :

Devant les inégalités et les injustices, liées notamment à l’ordre de genre, dont la société contemporaine est le théâtre, la puissance d’agir des femmes apparaît comme un levier essentiel dont le colloque international L’agentivité des femmes dans la société patriarcale mondialisée souhaite se saisir. C’est cet enjeu de l’efficience de l’agentivité des femmes à l’échelle internationale qui sera interrogé en mobilisant une synergie entre science et société. Il s’agira de poser des jalons pour à la fois définir la notion à partir d’un dialogue interdisciplinaire, et l’étudier sur des terrains empiriques. Ces travaux pourront conduire à une diffusion sous forme de podcasts, de dessins ou d’ouvrages.

Ce colloque, d’une durée de trois jours, se déroulera en langue française et prendra appui sur quatre axes thématiques avec des séances plénières, des sessions thématiques et des ateliers science et société en parallèle (avec une séance inaugurale et une séance conclusive).

C’est ainsi que cet appel invite à réfléchir à ce défi et à proposer des communications correspondant aux différents axes thématiques, sans s’y limiter, dans un cadre réflexif qui se veut interdisciplinaire et intergénérationnel.

Problématique scientifique générale :

Le concept d’agentivité connaît une certaine vogue depuis quelques années ( Giomi et al, 2025).Que ce soit en histoire ou en sociologie, en études de genre ou en science politique, en anthropologie ou en études littéraires, nombreuses sont les publications qui la définissent. On pense à l’historien anglais E. P. Thompson qui met en avant ce concept dès 1963, ainsi qu’à « la nouvelle vague de travail épistémologique sur le genre » (Haicault, 2012) suscitée notamment par les travaux de la philosophe Judith Butler (1990). Il en résulte que c’est une notion controversée, discutée, tant elle peut apparaître comme large et diluée dans toutes sortes d’interprétations. Ainsi, elle peut renvoyer parfois à la conscience d’agir du sujet (Achin, 2013) ou au contraire, aux ressorts d’une capacité d’agir sans finalité émancipatrice dont les effets sont potentiellement subversifs d’un ordre du genre (Moya et al, 2025) ou pas (Mahmood, 2009).

Dans ce contexte, la problématique du colloque souhaite interroger ce que l’agentivité fait à l’ordre social et en particulier à l’ordre de genre, le genre étant entendu ici comme un système social transnational fondé sur un double principe de différenciation et de hiérarchisation des sexes et un régime d’hétéronormativité. Reprenant les interrogations de l’historien anglais Thompson, déjà cité, il souhaite soumettre à la discussion la question d’une agentivité qui serait subversive ou au contraire, destinée à permettre au système de genre de perdurer, en assurant aux femmes des marges de manoeuvre individuelles susceptibles d’éviter le passage à la violence ou à la rébellion. Autrement dit, quels sont les effets de l’agentivité des femmes aussi bien dans sa dimension individuelle que collective ? Contribue- t- elle à maintenir l’ordre de genre ou à le subvertir voire à ouvrir d’autres espaces ?

Résumé des axes (plus d’information en PJ) :

I. L’agentivité, un concept nomade : convergences et divergences disciplinaires
Comment les différentes disciplines, les usages du mot, les postures d’observation, la diversité des démarches permettent-elles d’apporter un éclairage sur les effets de l’agentivité comme maintien ou subversion de l’ordre de genre ?

II. L’agentivité à l’échelle internationale : continuum des impunités et des résistances
Comment les langues et les contextes des différentes aires géographiques affectent elles les effets et les formes de l’agentivité ? Peut-on repérer un continuum mondialisé avec des spécificités nationales des résistances à l’ordre de genre tout comme de l’impunité des états en matière de violences de genre ? Ce continuum fait-il écho à un continuum entre reproduction et transformation de l’ordre de genre ?

III. L’agentivité au prisme du temps : continuités et ruptures intergénérationnelle :
Comment les contextes historiques influencent-ils les effets et les formes de l’agentivité ? Comment s’est construite la visibilité de l’agentivité des femmes ? Quelles ruptures sont apparues dans les modalités de l’agentivité des femmes avec la généralisation du numérique ?

IV. Agentivité individuelle et collective : collaborations et tensions entre stratégies et action publique
Comment l’agentivité individuelle ou collective contribue-t-elle à reproduire ou transformer les normes sociales ? Comment s’articulent dans ce processus agentivité individuelle, mobilisations collectives ou associatives et action publique ?

Proposition de communication :
La proposition de communication sera formulée avec 1500 à 2000 caractères (espaces non compris) en français.

La soumission des propositions se fait via un formulaire en ligne sur le site du colloque : https://agentivite2027.sciencesconf.org/ (rubrique « Déposer une proposition de communication »), après création d’un compte sur sciencesconf (accès depuis la page du site web).

Il s’agira de préciser la thématique dans laquelle s’inscrit la proposition (une des 4 thématiques décrites ci-après) ou « Autre thématique ».
Dates importantes :
– Proposition de communication avant le mardi 1er décembre 2026, 23h59 heure française de Lyon (22h59 UTC)
– Notification de la réponse le vendredi 15 janvier 2027

Le comité scientifique du colloque :

Mathieu Azcué (CREDESPO, Université de Bourgogne), Yannick Chevalier ( IHRIM, Université Lyon 2), Juliette Cleuziou (LADEC, Université Lyon 2), Cécile Favre (ERIC, Université Lyon 2), Olivier Ferret ( IHRIM, Université Lyon2), Karen Fiorentino (CREDESPO, Université de Bourgogne), Rebeca Gomez Betancourt (Triangle, Université Lyon 2), Zhanna Karimova (CMW, IMeRA ), Marylene Lapalus (CMW), Lena Magnone (IFK, Vienne), Manuela Martini (LARHRA, Université Lyon 2), Pierre Michel (Transversales, Université lyon2), Corinne Rostaing (CMW, Université Lyon 2), Laurence Tain (CMW, Université Lyon 2), Anne Verjus ( Triangle, CNRS)

Contact : Laurence Tain
En savoir plus : appel complet en PJ

Appel à communication - Colloque International - L’agentivité des femmes dans la société patriarcale mondialisée

Publié le 15 octobre 2026