Axe Travail du care et de l’assistance. Hétérotopies, catégories et autonomie.

Responsables : Pascale Pichon et Bertrand Ravon

Cette thématique transversale recouvre différents travaux des chercheurs du Centre Max Weber et de leurs réseaux de recherche. L’objectif de ce projet repose sur la mise en perspectives et la visibilisation publique de ces travaux dans le champ scientifique tant à l’échelle du laboratoire qu’à l’échelle nationale, voire internationale.

Les deux faces indissociables de la thématique - travail du Care et travail de l’assistance - mettent en évidence les profonds renouvellements des domaines de la sociologie du travail social et de l’intervention sociale et sanitaire. Ceux-ci ne sont plus délimités par les professions historiques du travail social mais les débordent de toute part, partout où se développent et s’inventent de nouveaux métiers, missions, dispositifs d’actions en réponse à la question sociale et territoriale (urbaine, péri-urbaine et rurale). Ceux-ci ne sont plus seulement circonscrits par les cadres des institutions sociales mais permettent d’explorer des voisinages inédits « hors les murs », là où vivent des publics de plus en plus divers, catégorisés par l’action sociale étatique et locale, mais également transnationale et humanitaire ou encore située et mise en réseau via l’activisme citoyen. Avec la montée en charge du schème capacitaire (activation, responsabilisation, empowerment, etc.), la question transversale de l’autonomie fait l’objet de définitions et de traitements très divers, bousculant les temporalités habituelles de la protection sociale et de ses milieux.

Les terrains d’enquêtes, largement diversifiés, sont l’expression de la richesse de ce champ particulièrement significatif des transformations sociétales actuelles - et dont la cumulativité reste à construire plus systématiquement. Les approches théoriques et méthodologiques empruntent ainsi à plusieurs domaines de la sociologie, au-delà de la spécialisation (travail social ou intervention sociale et sanitaire) : sociologies de l’action publique, des inégalités, des professionnalités, de l’engagement, de l’habiter, du sans-abrisme... Ces approches relèvent également de différents paradigmes non exclusifs les uns des autres : sociologie des attachements et des épreuves, sociologie de l’expérience, des parcours, de l’acteur-réseau, des interactions, ethnographie institutionnelle, etc.

Ainsi cet axe transversal tout à la fois attaché à la double épistémologie - celle de l’origine de l’enquête sociale et de l’enquête sociologique -, et aux mutations du temps présent qui ne cessent de renouveler les inégalités de richesses, de pouvoirs, de statuts et de positions sociales, invite les chercheurs à rendre publiquement plus accessibles et visibles leurs travaux, les démarches comme les résultats. Ce faisant, il s’agit de rendre plus intelligibles et utiles les analyses explicatives et compréhensives ainsi que les controverses structurantes. Les temps forts de cet axe reposeront sur un travail de publicisation scientifique, non réductible aux formes de publications traditionnelles.