Cinquième séance du séminaire « S’approprier le monde » (06/05/2019)

Date :Lundi 6 mai 09:30-16:30

La cinquième séance du séminaire « S’approprier le monde », co-organisé par le Centre Max Weber et Triangle, accueillera exceptionnellement deux invité.e.s : Anne-Sophie Gosselin (professeure invitée, Université de l’Intégration Internationale de la Lusophonie Afro-Brésilienne (Brésil)), et Daniel Thin (professeur émérite, Université Lumière Lyon 2, Triangle).

  • Anne-Sophie Gosselin : Exercice d´une sociologie de la sociologie du Nordeste Brésilien. Conditions sociopolitiques de production et appropriation d’un savoir sociologique à l’Unilab (Université de l’Intégration Internationale de la Lusophonie Afro-Brésilienne).

À partir d’un exercice d’objectivation critique de l’espace scientifique dans lequel je suis immergée depuis quelques années en tant qu’enseignante-chercheure à l’Unilab, université fédérale publique créée par le président Lula en 2010 et implantée dans le Ceará, état du Nordeste brésilien, cette intervention vise à questionner les conditions de production et d´appropriation d´un savoir sociologique localement re-signifié. Quelle sociologie est enseignée, produite et reproduite à l’Unilab ?
Entre réappropriation d´auteurs dits « occidentaux » et volonté de revalorisation d´auteurs africains et latino-américains notamment dans une perspective dite d’« épistémologie du Sud », quels pensées, théories et concepts sont mobilisés, revisités dans la production scientifique des enseignants comme des étudiants ?

L’étude des intitulés et contenus des cours en sociologie, des événements scientifiques, des publications du département de sociologie fait apparaître une géographie politique qui oriente la sélection et l´appropriation des auteurs reconnus comme légitimes dans le cadre d´une sociologie qui se doit de servir les principales missions de l’Unilab, à savoir, plus de justice sociale et de coopération Sud-Sud. Il s’agit finalement d´analyser, dans ce contexte, quelles sont les catégories de pensée avec lesquelles les sociétés (brésiliennes et africaines) sont pensées et qui peuvent donner lieu à des routines dogmatiques face aux défis épistémologiques d’une science sociale qui s’assume et s’affirme comme une science nécessairement politisée.

  • Daniel Thin : Habiter un campement de « sans terre » au Brésil. Appropriations différenciées en fonction des ressources, de la trajectoire, et des configurations relationnelles et familiales.

L’intervention porte sur des modalités d’appropriations de la vie dans un campement de « sans terre » au Brésil, appropriations analysées en fonction des différentes caractéristiques des familles qui y résident et y travaillent. La recherche a été conduite dans la région du Nordeste brésilien, sur un plateau nommé la Chapada do Apodi où se déroule une lutte pour la terre, pour l’eau et contre les agro-toxiques répandus à fortes doses par les entreprises de l’industrie agricole.
Comment s’approprier, s’adapter à une vie de campement collective quand on est « petit paysan » sachant que la population est diversifiée et plus hétérogène que ce qu’en montrent les discours militants ? Loin d’être un espace de socialisation unifié et unifiant, le campement apparaît comme un emboîtement de configurations sociales plus ou moins congruentes ou plus ou moins en tensions d’où s’observent des formes d’appropriation différenciées du campement et du « mouvement des sans terre ».

Cette double séance se tiendra le lundi 6 mai 2019, de 9h30 à 16h30, en salle H 410 du Campus Porte des Alpes de l’Université Lumière Lyon 2 (5 Avenue Pierre Mendès France - 69500 Bron).

Contact : Sylvia Faure

En savoir plus : consulter la page Web du séminaire