Fanny Westeel

Doctorant.e.s - Université Jean Monnet

Doctorante

Équipe Cultures publiques

La fabrique du genre en protection de l’enfance. Enquête sociologique sur le quotidien d’adolescent-es placé-es.
Thèse en préparation depuis 2020 sous la direction de Pascale Pichon.

Cette recherche a pour ambition d’explorer la fabrique du genre dans les établissements et services de la protection de l’enfance. Elle étudie dans quelle mesure les professionnels et les jeunes qu’ils et elles accompagnent fabriquent, mobilisent et ré-agencent les rapports de genre dans le quotidien de mesures de placement en Maisons d’Enfants à Caractère Social (MECS), en familles d’accueil et de parrainage ou dans le cadre d’un accueil de jour. Il s’agit à la fois de relever les manifestations visibles des scripts et attentes de genre qui peuvent prendre forme à travers le contrôle des corps (apparences, activités, sexualités) ; mais également, les manifestations moins visibles du genre qui prennent forme à travers le traitement institutionnel de l’intimité, la caractérisation des situations de danger (différenciées en fonction du sexe) et la (re)production de violences de genre. Nous proposons de considérer ces expériences du corps, de l’intime, de la sexualité et de la violence – vécues à la fois par les jeunes placés, mais aussi par les professionnels qui les accompagnent – comme des « domaines d’enquête sur les rapports de genre et […] des catégories d’analyse de ces rapports » (Rennes, 2016).

Il s’agit tout autant d’analyser comment ces adolescents modèlent une identité qui s’érige sous l’effet de normes de genre, que la manière dont l’activité des professionnels se crée, s’adapte et se transforme au prisme de la construction de l’intime chez ces jeunes. Cette double entrée par les publics et les professionnels de la protection de l’enfance doit offrir la possibilité de comprendre les effets du placement sur la construction biographique du genre chez ces mineurs en danger et de rendre visibles les compétences relationnelles et émotionnelles engagées par les intervenants dans leur accompagnement.

Ces questionnements sont développés à partir d’une méthodologie qualitative, dans le cadre d’une approche inductive et à l’aide d’outils issus de l’enquête ethnographique (observation située au sein de maisons d’enfants, de lieux de vie, d’accueil de jour et du domicile de familles d’accueil ou de parrainage ; entretiens formels et informels avec les professionnels et les jeunes placés). L’ambition de la démarche de recherche est de pouvoir décrire, avec précision et finesse, l’ensemble des logiques et processus qui fabriquent des représentations et des pratiques fondées sur un ordre genré.