La journée d’étude « Exils et solidarités internationales : 50 ans après les dictatures du Cône Sud latinoaméricain » se tiendra à l’ENS de Lyon, le vendredi 03 avril 2026.
Organisé par le Centre Max Weber avec le soutien de l’ENS de Lyon, du CNRS et de l’Institut des Amériques.
Présentation :
Le 24 mars 2026 marquera le cinquantième anniversaire du putsch militaire qui, en Argentine, ouvrit une période de sept années de terreur d’État dont le bilan humain est aujourd’hui estimé à 30 000 morts et disparus. Précédée par une accentuation de la violence politique, l’instauration d’une nouvelle dictature ne fut pas une nouveauté pour un pays qui, tout au long du XXe siècle, avait alterné entre gouvernements démocratiques et régimes militaires. Elle ne fut pas non plus un cas isolé puisque, pratiquement au même moment, c’est-à-dire dans un contexte de guerre froide, les autres pays du Cône Sud latino-américain subissaient eux aussi la violence politique des forces armées : l’Uruguay après de coup d’État, appuyé par l’armée, du président Bordaberry en juin 1973 et le Chili après le renversement du gouvernement Allende par le général Pinochet en septembre de la même année.
La terreur instaurée par ces gouvernements militaires, déterminés à annihiler ce qu’ils stigmatisaient comme la « subversion », conduisit de nombreux et nombreuses Uruguayen.ne.s, Chilien.ne.s et Argentin.e.s à s’exiler dans d’autres pays, dont la France. Ils et elles y reçurent le soutien de militant.e.s de divers mouvements de solidarité internationale ancrés dans les mouvances alors dynamiques de gauche et/ou chrétiennes, et s’intégrèrent au tissu associatif, culturel, économique ou encore politique de leurs territoires d’accueil. La dénonciation de la dictature argentine connut son acmé avec les appels au boycott du Mundial de football organisé en 1978 dans ce pays.
Alors que le droit d’asile est, aujourd’hui, soumis à de croissantes restrictions, que les discours xénophobes étendent leur emprise et que les régimes autoritaires se parent de nouveaux atours, il est important de redécouvrir le legs à la fois politique et culturel des mouvements de solidarité internationale avec les populations victimes de régimes oppressifs. Les expériences politiques latinoaméricaines (on pense aux « 1000 jours » du gouvernement d’Allende au Chili) avaient un temps représenté une voie possible d’émancipation pour les progressistes du monde entier, et spécialement français.e.s. Leur écrasement par des dictatures avait suscité un élan de solidarité dont les leçons historiques méritent d’être redécouvertes et discutées au présent. Les apports des recherches en sciences sociales menées depuis 50 ans tant sur l’exil que sur la survie en dictature ou sur la transmission d’une mémoire de l’oppression méritent quant à eux de nourrir le débat public au-delà des seuls cercles académiques. C’est à cela que vise cette journée d’étude, qui prendre place dans un ensemble de manifestations (exposition d’affiches, conférence, projection-débat, concert) destinées à marquer les 50 ans du coup d’État des militaires argentins.
Programme :
- 10h15-10h30 - Moira Cristiá, Lilian Mathieu : Introduction
- 10h30 – 12h15 : Exils d’artistes, art de l’exil
« Art postal et solidarité internationale : réseaux de poètes et artistes chiliens en exil »
Mariana Di Ció (CRIAL-CRICCAL, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle) :
« Exil et témoignage chez le poète uruguayen Saúl Ibargoyen »
Philippe Dessommes-Flórez (ENS de Lyon)
« Todo lo hermoso es posible. Entre voyages et exils, les ressources internationales d’un comédien argentin devenu entrepreneur de culture au Mexique »
Maya Collombon (Triangle, Sciences-po Lyon)
Discussion
- 12h15-13h15 - Pause-déjeuner
- 13h15 – 15h - Politisations
« Politique des arts et expérience esthétique : une question pour l’histoire culturelle de la dictature argentine »
Esteban Buch (EHESS, Paris)
« La transnationalisation de la dénonciation de la dictature argentine autour de la Coupe du Monde 1978 : le rôle coordinateur du COBA et sa créativité communicative »
Moira Cristiá (CONICET, Instituto Gino Germani, Buenos Aires)
« La dictature uruguayenne vue de France : un aperçu à partir des archives diplomatiques du Ministère des affaires étrangères. Ce que disaient les diplomates »
Denis Merklen (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle)
Discussion
15h – 15h15 : Pause café
15h15 – 17h – Solidarités et résistances
« Exil et résistance : 50 ans de solidarité franco-uruguayenne »
Magdalena Schelotto (Université Paris Est-Créteil)
« L’exil chilien à Lyon. 1973-1981 »
Claire Deverine
« Miroir transatlantique : artistes et intellectuels français exilés dans le Cône Sud pendant la Seconde Guerre mondiale »
Lilian Mathieu (CNRS-CMW-ENS de Lyon)
Discussion
- Conclusion
La journée se déroulera le vendredi 03 avril 2026, à l’ENS de Lyon, site Descartes, salle D2-128, (15 parvis René Descartes - 69342 Lyon Cedex 07).
Contact : Lilian Mathieu



