Journée d’études « Santé mentale au prisme des expériences de genre et de sexualité minoritaires »

Date :Vendredi 2 février

Nous avons le plaisir de vous convier à la journée d’étude pluridisciplinaire que nous organisons dans le cadre du laboratoire junior « Théories et Performances de genre - Études queer et féministes » :

« De la psychiatrisation des troubles à l’avènement de la thérapie queer : santé mentale au prisme des expériences de genre et de sexualité minoritaires »

Le 2 février prochain à l’École Normale Supérieure de Lyon, salle D2 128

Programme

10h15 : « Les violences envers les personnes queer à l’université et leurs conséquences : de la mise en danger de la santé mentale au suicide », Cha Prieur [docteur.e en géographie, maître-praticien en PNL Humaniste]

11h30 : « Queer psychanalyse : pour une clinique mineure », Fabrice Bourlez [docteur en philosophie, psychanalyste, ESAD Reims]

14h00 : « Neuroatypie et transidentité : neurogenres et recoupement des violences psychophobes et transphobes », Alice Guedat [étudiante en Lettres Modernes] & Alistair Houdoyer [vidéaste web, étudiant en théâtre]

15h10 : « Homosexualité féminine et troubles des conduites alimentaires : à la recherche de l’Autre genre », Leslie Sulimovic [psychiatre, Institut Mutualiste Montsouris]

16h20 : « Stress post-traumatique et prostitution, ou la psychiatrisation d’une question sociale », Lilian Mathieu [sociologue, directeur de recherche CNRS au Centre Max Weber-ENS de Lyon]

Résumé

Ces interventions visent à décrire et appréhender des situations empiriques où des expériences de genre et de sexualité dérogeant au cadre de l’hétéronormativité s’articulent à des problématiques de santé mentale.

La perspective sociologique nous invitera d’abord à mettre l’accent sur les conditions structurelles de la survenue d’une souffrance psychologique chez des personnes non cisgenre et/ou concernées par une sexualité minoritaire. Dans quelle mesure la stigmatisation de ces populations peut-elle, de fait, engendrer un mal-être psychique ? Le recueil d’observations de personnes trans, non-binaires et queer permettra une mise en perspective incarnée de ce questionnement. Face à ces témoignages, l’on pourra s’interroger sur la manière dont se positionnent la psychiatrie et la psychanalyse dans leurs formes modernes. Quelles sont les prises en charge envisageables pour celleux placé.e.s en dehors des normes de genre et de sexualité — personnes queer et/ou trans ? Les expériences cliniques d’analystes et d’accompagnant.e.s de personnes queer éclaireront les contours de ces nouvelles formes de suivis.

Ces perspectives thérapeutiques semblent d’autant plus remarquables que les sciences sociales exhument la pathologisation des populations non-cisgenres et/ou à la sexualité déviante. Cette stigmatisation est l’apanage, entre autre, des disciplines psychanalytiques et psychiatriques. L’on interrogera, à ce titre, les processus d’étiquetage qui affectent les personnes trans et les travailleur.se.s du sexe : à l’aune de quels dispositifs et prismes théoriques la psychiatrie les érige-t-elle en personnes psychiquement malades ? C’est une question que la prise en compte de l’agentivité des personnes étiquetées invite toutefois à coupler à celles des résistances : quels contournements et réappropriations du diagnostic peut-on, à l’inverse, observer au sein des populations pathologisées ? Soucieux.ses de réintroduire un dialogue disciplinaire, nous avons cependant pris le parti d’explorer des usages non-stigmatisants d’une tradition psychanalytique dépouillée de ses schèmes hétéronormés. Sera ainsi proposée une interprétation psychanalytique contemporaine de l’anorexie. Trop souvent rapportée à la surconformité à un idéal féminin elle mettrait en réalité en jeu l’invention d’un au-delà des genres féminin et masculin.

Notez que les interventions comporteront une demi-heure de communication et une demi-heure de questions-réponses avec le public. Vous trouverez ci-dessous le détail du déroulement de la journée ainsi qu’une version étendue du programme :

Programme complet de la journée d’études

Au plaisir, donc, de vous compter parmi nous le 2 février !

Marlène Bouvet, doctorante en sociologie
Christelle Compte, ingénieure d’études
Alice Feyeux, étudiante en sociologie
Alistair Houdayer, étudiant en théâtre
Héloïse Thomas, doctorante en littérature

Publié le 23 janvier 2018