Troisième séance du séminaire doctoral du CMW 2022 (15/06/2022)

Date :Mercredi 15 juin 09:00-12:00

La troisième séance du séminaire doctoral du Centre Max Weber portera sur la thématique « Les indicibles de l’enquête », avec l’intervention de Aurélia Léon, qui reviendra sur son parcours de recherche doctoral consacré à l’autodéfense féministe.

Intitulé de l’intervention : La doctorante et le bœuf

Cette séance se veut la première d’une série de séminaires consacrés à cette thématique, qui en recouvre beaucoup d’autres ; elle portera spécifiquement sur les « mises en récit et mises en silence à l’épreuve du travail de terrain » :

Pariant sur la générativité du paradoxe, la prochaine séance du séminaire doctoral se lance sur la piste des circulations du dire et du non dire dans le travail de recherche à partir de la thématique des « indicibles de l’enquête ». Que disons-nous et que taisons-nous, à qui, dans quelles temporalités, sous quelles contraintes ? Dans quelles conditions parvenons-nous à convertir certains indicibles en dicibles ? Pour quels profits, et à quel prix ?

Au cours de l’enquête

Il y a la question des « bourdes », des « sorties de cadre » dans le travail de terrain et de ce qu’on en fait. Plus largement, la question des conditions auxquelles nous parvenons à donner à certaines expériences déconcertantes la force de nous faire penser en dépit du « choc » ou de la déconvenue qu’elles ont constitué cependant.

La question des allant de soi, entrer sur le terrain et en sortir, construire une relation d’enquête, n’en garder que ce qui a un rapport avec une thèse de doctorat. Quels sont les déterminants de ce qui est produit comme hors-sujet et relégué dans le hors-champ de la recherche ? Pourquoi rien n’est dit de ce qu’est une thèse par son envers, ce qui a été capté, renseigné, mais qui n’apparait pas dans le document final ?

Dans le cours de la thèse

Arrive ici la question du traitement des matériaux, des « cuisines » méthodologiques et des rationalisations a posteriori qui rendent dicibles les « bourdes » en question moyennant leur redéploiement dans un réseau de justifications ex post estampillé « démarche d’enquête ».

La question des normes d’un champ professionnel (celui de la recherche), des critères de validité d’une démonstration, d’évaluation d’un parcours et des compétences qu’il est sensé attester dans une visée de professionnalité. Ce qui peut amener aux questions éthiques et à leurs arbitrages (plus ou moins louables, plus ou moins dicibles ?). De fil en aiguille, s’avance la question de l’horizon d’attente, des finalités et des valeurs : l’expérience de l’enquête est-elle soluble dans la visée de production de connaissance ?

La séance est organisée le mercredi 15 juin 2022, de 9h à 12h, dans les locaux de la MSH LSE, en salle Elise Rivet (4e étage du 14 avenue Berthelot - 69007 Lyon).

Elle sera suivie d’un buffet.

Contact : Nadège Draperi et Julia Chryssomalis