Première séance du séminaire 2025-2026 de l’axe transversal « Genre » du CMW (06/03/2026)

Date :Vendredi 6 mars de 14h00 à 17h00

L’axe transversal Genre du Centre Max Weber convie à une nouvelle séance de son séminaire.

Intitulé : Division sexuelle du travail, ségrégation et résistances

Cette première séance pose les fondements théoriques du séminaire en abordant la division sexuelle du travail comme principe organisateur des sociétés. Elle établit le cadrage conceptuel puis explore les formes de résistance et de réappropriation face aux assignations genrées. Les deux interventions permettent de passer des structures macrosociales aux pratiques situées de refus et de création.

Intervenantes :

  • « Design pirate : une approche féministe et intersectionnelle de la pratique » , Madly Fuss (Étudiante au Master 2 Recherche en Design de l’ENS Paris-Saclay qui regroupe également les écoles ENSCi les Ateliers et Télécom Paris. En stage avec le Centre Max Weber "Axe Genre" ainsi qu’avec l’unité de recherche SpaceTelling de l’ESASDE à Saint-Étienne).
    Cette recherche s’inscrit dans une réflexion sur les rapports entre genre, techniques et pratiques de fabrication, à la croisée du design critique, des pensées féministes matérialistes et des luttes subalternes. Elle interroge la réappropriation des savoir-faire par les femmes et les minorités de genre, et la manière dont les pratiques collectives en non-mixité choisie deviennent des espaces d’émancipation, de résistance et de production de contre-récits situés.
    L’enjeu général est de comprendre comment certaines pratiques de fabrication — souvent marginales, vernaculaires et informelles — font émerger des modes d’existence du design largement occultés par les catégories dominantes de la discipline, encore profondément marquées par des normes industrielles, occidentales et genrées.
  • « Devenir joueur-euse et queer : réflexions théoriques et épistémologiques pour une étude des pratiques vidéoludiques au prisme du genre » , Marcot Morgane (ENS Lyon)
    Depuis les années 2000, le profil sociodémographique des joueurs et joueuses se diversifie : ainsi, en 2025, selon une enquête du CNC, chez les 15 ans et plus, 49% des joueur-euses à engagement modéré sont des joueuses. Cette tendance modifie le paysage du secteur vidéoludique, qui a pris conscience que son public cible ne se limite pas qu’aux jeunes hommes geeks, blancs et cishétérosexuels, et propose dès lors des jeux qui se veulent plus divers et inclusifs. Les usages des minorités sexuelles et de genre sont pourtant encore mal connus en France, quand bien même les personnes queers investissent le terrain du jeu vidéo depuis ses débuts. Ma thèse entend ainsi réinscrire les joueur-euses queers dans un contexte social qui motive et justifie leurs pratiques, en prise et en négociation constante avec l’ordre du genre. Comprendre ce que l’engagement vidéoludique doit au genre et à la sexualité, et inversement, implique d’aller à rebours des identités comme point de départ et de repenser ce que signifient « queer » et « joueur-euse ».
    D’un point de vue épistémologique, ce travail est l’occasion d’interroger deux paradigmes prédominants dans les études de genre. D’abord, celui de l’identité : en pensant des possibilités d’alliance entre théories queers et féminismes matérialistes, je m’emploie à (re)saisir la notion d’identité de genre. Ensuite, l’axe qui oppose « subversif » et « normatif » est aussi au cœur des préoccupations de cette recherche, en particulier à l’aune d’une approche queer qui, au nom de la déconstruction du genre, tend à faire de la subversion une nouvelle norme, évacuant ainsi les tensions et négociations concrètes et quotidiennes des individus.

La séance se déroulera vendredi 06 mars 2026 de 14h à 17h, à la MSH LSE, en salle Bollier (14 avenue Berthelot - 69007 Lyon, RDC)

Distanciel : Envoi d’un lien visio sur inscription auprès des organisatrices et organisateurs

Contact : Soline Blanchard, Marion Maudet et Victor Vey

Publié le 25 février 2026