Dispositions, pouvoirs, cultures, socialisations

L’équipe Dispositions, pouvoirs, cultures, socialisations, dirigée par
Bernard Lahire, privilégie une sociologie indissociablement dispositionnaliste (sensible
à la pluralité dispositionnelle, les socialisations individuelles étant plus
ou moins hétérogènes) et contextualiste (les contextes d’actualisation des
dispositions étant eux-mêmes variés).

Le programme scientifique d’une telle approche consiste à prendre en charge théoriquement la question du passé incorporé, des expériences socialisatrices antérieures des acteurs étudiés tout en évitant de négliger ou d’annuler le rôle du présent (du contexte d’action) en faisant comme si tout notre passé agissait à chaque moment de notre action. L’enjeu est de mettre en évidence le poids des dispositions sociales incorporées (dispositions à sentir, penser, croire et agir d’une certaine façon) tout en ne laissant pas penser que nous serions à chaque instant – et que nous engagerions à chaque moment, dans chacun de nos actes – la synthèse de tout ce que nous avons vécu antérieurement. Il serait illusoire de penser que le sociologue pourrait se contenter de reconstruire cette synthèse (ce principe unificateur, cette formule (magique) génératrice de toutes nos pratiques) pour rendre raison des pratiques. Les comportements ou pratiques ne se comprennent qu’au croisement des dispositions incorporées (et qu’on ne peut supposer d’emblée homogènes) et des contraintes contextuelles (qui sollicitent plus ou moins telle ou telle partie du patrimoine de dispositions plutôt qu’un système de dispositions).

La logique des recherches en cours se structure autour de quatre grands axes :

  • Socialisations des créateurs et socialisations culturelles
  • Les socialisations politiques
  • Les socialisations de transformation
  • Cadres sociaux pertinents d’appréhension des effets de socialisation